L'émancipation de la femme par la poupée

A) Le principe d’émancipation

S’émanciper c’est le fait de s’affranchir, de devenir indépendant et autonome. 

On va voir ici que l’émancipation de la femme n’a pas été tâche facile, et que le but de liberté totale n’a pas été entièrement trouvé.

On pourrait discourir longtemps sur les efforts qu’ont faits les femmes pour être reconnues comme personne à part entière dans la société, et non plus comme mineure, sous tutelle d'un homme, quel qu’il soit. Toutefois, malgré une volonté de fer et des revendications judicieuses, elles restèrent, à leur époque, des voix sans écho, des marginales considérées, à tort, comme de sombres folles. C'est hélas à cause de l'absence massive des hommes, partis à la guerre, que les femmes purent enfin prouver leurs capacités intellectuelles et surtout physiques.
C'est donc la nécessité qui sortit les femmes de leur statut d'enfant et de sexe faible. Obligées d'occuper des postes de gestions administratives et de remplir des charges d'ouvrier dans les usines et dans les propriétés agricoles, les femmes démontrèrent au-delà de tout doute leur potentiel à travailler comme les hommes. Et parce qu'elles prirent goût à cette aventure autonome, et surtout qu'elles gagnèrent en confiance tout en méritant un salaire leur revenant de droit, les femmes ne voulurent plus revenir en arrière quand leurs époux rentrèrent de la guerre.


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Après la Première Grande Guerre, elles voulurent continuer de s'impliquer socialement par le biais du travail. Quelques choix de carrières s'offrirent à elles et l'on vit de plus en plus de secrétaires, de réceptionnistes, d'infirmières, d'ouvrières en usine. Comme elles pouvaient retirer un salaire, elles furent en mesure de dépenser et de s'habiller en fonction de leur nouveau mode de vie. C'est le moment que Coco Chanel choisit pour entrer sur la scène internationale de la mode et révolutionner totalement la toilette de la femme française. Chanel donna à la femme une liberté de mouvements, une possibilité d'utiliser son corps avec souplesse sans la contrainte du corset. La Française allait enfin pouvoir respirer.

Malgré certains acquis, l'égalité des sexes reste un but à atteindre car l'on en est encore assez loin. Il existe toujours de bien mauvaises langues pour taxer les femmes et le féminisme de tous les maux de la société actuelle. On plaint les hommes qui perdent leurs repères ancestraux, leurs droits de gérance sur leur compagne, la famille qui fuit car on ne fait plus d'enfants sur une planète déjà lourdement surpeuplée, et c'est toujours le tort de la femme qui prend la responsabilité de cette évolution précisément dans son aspect négatif.

B) L’émancipation par la Barbie

 Il suffit de se pencher sur sa carrière professionnelle pour comprendre qu’elle a été « une avant-gardiste de la promotion féminine ». La croyance populaire l'isole au rôle de potiche, condamnée à jouer la mannequin, la danseuse étoile ou la rédactrice de mode. « FAUX !». Tout au long de son parcours, la blonde sulfureuse a aussi travaillé en tant qu’ambassadrice de l’Unicef, diplomate, et est même candidate aux élections présidentielles américaines en 1992. En proposant différentes professions, la compagnie Mattel «a permis à des millions de jeunes filles de s’y identifier et de se projeter dans divers métiers qui sont les symboles d’une émancipation », écrit Helen Cordes, dans son livre Barbie : Bimbo matérialiste ou féministe pionnière ?
Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la poupée Barbie incarne les valeurs de la modernité et du rêve américain. Depuis 50 ans, Barbie défie toute les lois du genre féminin, elle a pratiquement tout essayé et tout fait. Barbie est une femme active, elle prouve son indépendance et sa volonté de prendre sa vie en main d’abord par ces différents métiers et loisir, en tout 108. Elle fait ses études à la Willows High School, au début mannequin, elle devient en 1961 danseuse, infirmière, et hôtesse de l’air. En 1963 elle est diplômée d’Université, en 1965, astronaute, rédactrice de mode, professeur d’Université, dans les années 70, elle est à la fois chirurgienne, athlète aux jeux olympiques. Entre 1985 et 1989 elle devient à la suite femme d’affaires, styliste, grand reporter à la télévision, vétérinaire, professeur, rock star, docteur, ambassadrice de l’Unicef, officier de l’Armée. Allant de plus en plus vers son émancipation, elle est dans les années 90 pilote de l’US Air force, diplomate, officier de marine, sergent dans la marine, professeur, candidate aux élections présidentielles, officier de police, médecin militaire, joueuse de base-ball. Puis en 1994, elle est aussi pédiatre. Les années suivantes, elle devient maîtresse d’école, secouriste de plage, ingénieur, dentiste, paléontologue, championne olympique de patinage. Elle pilote un avion en 1999, jusqu’à même devenir en 2000 présidente des USA.  De 2002 à 2006 elle retombe dans les métiers féminins : hôtesse, ballerine, excepté en 2005 où elle devient productrice de film.

Barbie est donc loin d’être une marginale considérées comme une sombre folle, et une femme idiote.

                                       

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Elle est belle, indépendante et refuse d’être mère de famille et de se vouer entièrement aux tâches ménagères, par exemple. Sa vie est mouvementée, sa famille est immense à l’image de son cercle d’amis. L’image de la femme fidèle est également démentie par Barbie. Elle rencontre Ken en 1961, son équivalent masculin. Il l’accompagne dans tous ses loisirs, et évolue en même temps et de la même manière qu’elle. Mais en 2004, suite à un coup marketing de Mattel, le couple se sépare officiellement, ce qui brisa chez les petites filles l’image d’un amour éternel. Pendant 2 ans, Barbie le remplace par Blaine, un surfeur australien, mais se remet finalement avec Ken à la fin, suite à la baisse de popularité, et à l’indifférence des petites filles pour Blaine.
La garde-robe de Barbie est comme ses créateurs l’ont voulue, renouvelable à l’envie, et sortie du commun de l’époque : la tenue de la première Barbie était un maillot de bain échancré noir et blanc, accompagné d’une longue robe de soirée noire. Elle devient également le mannequin de Dior, Kenzo, Givenchy, Vera Wang, Versace, Lagerfeld, Christian Lacroix, M.A.C, Sonia Rykiel et Chantal Thomass en 1989, en tout 120. Barbie incarne le nouvel idéal féminin, qui s’émancipe et qui s’incarne dans une garde-robe constamment renouvelée et dans la multiplication des loisirs et métiers au début des années 1970.

 

 

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Barbie a parcouru le monde et a participé à une certaine émancipation de la femme, en jouant sur l’identification de la jeune fille en future femme libérée. Depuis 1959, 650 millions de poupées ont été vendues à travers le monde, plusieurs films d’animation ont été tournés et des jeux vidéo ont été réalisés. Plus qu’une figurine, Barbie est une figure, une icône mondiale.

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